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A. Lacroix Écho de Frontenac
Philadelphia Pennsylvania Temple de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours

Aux États-Unis, la reprise économique inspire les donneurs d’ouvrage. Les chantiers se sont multipliés au cours des dernières années, gonflés par une abondance de liquidités. À New York, mais aussi ailleurs, dans les grandes villes américaines, les édifices à bureaux et à condos s’élèvent de plus en plus haut. Là-bas, la réputation de A. Lacroix de Saint-Sébastien n’est plus à faire. Entrepreneurs généraux et architectes s’inscrivent à la file sur les carnets de commandes de l’entreprise de Claude Lacroix et de ses enfants, Simon, Dominique et Frédéric. Entre 70 et 80 projets menés de front régulièrement. Mais certains, plus gigantesques que d’autres.

À la mi-mars, la toute dernière pierre a été posée au Philadelphia Pennsylvania Temple de l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours, en plein cœur de Philadelphie. Claude Lacroix pense bien faire le voyage pour la bénédiction, prévue en septembre 2016. Ce qui le fera sortir de l’usine, sa fierté partagée par tous les membres de son équipe d’avoir participé à un projet ambitieux, le plus complexe jamais réalisé depuis 45 ans!

«Pour ce temple, on a acheté les blocs en novembre 2013 et on l’a fait en deux ans. Le projet parfait! On a utilisé tout notre savoir-faire et développé des techniques de travail comme jamais auparavant!»
Le temple de Philadelphie, sur Vine Street, a été construit tout en granit, sur 66 000 pieds carrés. Du travail tout simple, au bas de l’édifice, jusqu’à du très compliqué en s’élevant au sommet, en s’attaquant aux chapiteaux corinthiens qui ornent la façade.

Le contrat, Claude Lacroix n’y croyait pas beaucoup. Son principal compétiteur était chinois. Nulle part ailleurs en Amérique du Nord, le constructeur n’avait pu trouver l’entreprise capable de relever le défi. Nulle part, sauf à Saint-Sébastien! Les Lacroix n’ont pas pris le temps de célébrer la signature, ils se sont plutôt mis au travail. «Il a fallu investir, moderniser les équipements, concevoir et fabriquer nos propres machines, pour les avoir à notre main», précise Dominique, l’ingénieure industrielle de la famille. Toute l’équipe de production, accompagnée par celle de la Recherche et Développement, a eu à déployer des efforts d’imagination pour adapter l’outillage aux défis de précision d’architecture. Les contremaîtres et la centaine d’employés ont collaboré à cet ouvrage que viendront assurément visiter un jour les quelque 6 millions de Mormons américains et sans doute aussi les 15 millions que compte l’Église de Jésus-Christ des Saints des derniers Jours à travers le monde.

À la première visite des clients à l’usine de Saint-Sébastien, l’équipe de production avait étalé sur le plancher une série de pièces correspondantes au projet. «Ils venaient pour se faire une opinion sur notre capacité à faire le travail, ils ont tout approuvé!»

Au fil des mois, 75 voyages de matériel ont été livrés sur le site de construction, résultat de 40 000 pieds cubes de matière brute transformée à l’usine. «Un projet cubique à valeur ajoutée, très enivrant pour les employés. Tout a bien été, comme si les astres étaient alignés», d’ajouter Claude Lacroix. L’entreprise a ainsi pu développer le créneau du granit de sculpture, pour ainsi ajouter une corde à son arc. Très valorisant pour une entreprise qui ne compte aucun vendeur sur la route.

En collaboration avec toute son équipe technique, son fils Frédéric a mis 2000 heures à concevoir son propre équipement. Des ingénieurs, des techniciens et des mécaniciens sur place ont veillé à ce que l’usine conserve sa pleine autonomie, sans avoir à dépendre des fournisseurs européens.

Avant même que le temple des Mormons à Philadelphie soit achevé, A. Lacroix Granit obtenait une grosse commande de la Grosse Pomme. Le 220 Central Park South, un édifice à condos de 70 étages à habiller en pierre calcaire sur une superficie de 330 000 pieds carrés. «On est rendus au 21e étage et ils veulent que tout soit terminé pour février 2017!» Suffit de garder le rythme d’un étage par semaine.

Dans la partie neuve de l’usine, une équipe d’une quinzaine de travailleurs se consacre uniquement à ce travail. Cette fois, ce seront 250 voyages qui auront été acheminés au chantier sur Central Park.
Quand il est allé rencontrer ses nouveaux clients, Claude Lacroix, accompagné de son fils Simon, s’est senti en terrain familier. L’entrepreneur général lui-même leur a fait cette remarque: tout autour se trouvaient une demi-douzaine d’immeubles prestigieux sur lesquels A. Lacroix Granit avait apposé sa griffe.

Source : L’Écho de Frontenac 4 avril 2016 par Rémi Tremblay